Le Circuit de Nevers Magny-Cours a retrouvé, les 4, 5 et 6 septembre, le Championnat du Monde Superbike pour la neuvième manche de la saison, le Round Acerbis de France. Sur la grille comme dans le paddock, un acteur discret veillait au grain sans jamais courir lui-même : la Subaru Uncharted, Safety Car officielle du championnat. Sous un soleil de plomb frôlant les 35 degrés, l’ambiance affichait ce week-end-là des airs bon enfant et familiaux. Dans les tribunes, l’affluence restait mesurée, laissant de nombreuses places vides, sans pour autant entamer la ferveur du public venu suivre les évolutions du plateau mondial.

Le week-end aura aussi marqué l’histoire du plateau : le constructeur chinois ZXMOTO, engagé pour sa première saison en WorldSSP, y a décroché son premier podium à Magny-Cours grâce à Valentin Debise, 3e de la Course 2 du dimanche sur sa ZXMOTO 820RR. Une performance saluée sur le podium par un drapeau chinois brandi dans la ferveur du parc fermé, et qui vient confirmer les débuts prometteurs de la marque, déjà auteure d’une première victoire mondiale quelques mois plus tôt à Portimão.

Sur la piste, Nicolò Bulega (Aruba.it Racing – Ducati) aura marqué le week-end d’un triplé parfait — trois victoires en trois courses devant son coéquipier Iker Lecuona — le rapprochant à une unité du record absolu de victoires en une saison.

Sous le parapluie Pirelli Best Lap, Nicolò Bulega (Aruba.it Racing – Ducati) s’installe sur sa Panigale V4 R, avant de remporter une nouvelle victioire…
L’unité hospitalité Subaru installée dans le paddock, avec une Solterra en finition ST-E et une Uncharted garées à l’entrée.

La Uncharted gardienne électrique du paddock

Depuis 2025, c’est le constructeur japonais qui assure ce rôle stratégique. Un accord signé pour trois saisons, de 2025 à 2027, confie à quatre Subaru Uncharted, premier SUV 100 % électrique de la marque, la mission de Safety Car officielle sur l’ensemble des manches du championnat. Un choix qui n’a rien d’anodin : c’est la toute première Safety Car entièrement électrique de l’histoire du WorldSBK.

Sur le papier, la fiche technique reste modeste pour un tel rôle : deux moteurs électriques pour une puissance combinée de 217 chevaux, loin des standards des Safety Cars utilisées en MotoGP. Mais la mission de la Uncharted n’est pas de rivaliser en performance pure. Avant chaque séance, elle est chargée d’évaluer les conditions de piste et se tient prête à intervenir rapidement en cas d’incident, pour sécuriser pilotes et commissaires de course.

L’une des Uncharted Safety Car en position sur la grille, portière ouverte, prête à s’élancer en cas d’intervention.

Un détail glané à bord confirme le sérieux de la préparation : sur la console centrale, un plan de piste imprimé indique les points de sortie dédiés à la Safety Car, identifiés SC EXIT, qui permettent au pilote de rejoindre la piste au plus vite depuis n’importe quelle portion du circuit selon l’endroit de l’incident

À bord de la Uncharted : le plan de piste avec les points de sortie SC EXIT propres à Magny-Cours.

Le rôle de Subaru ne s’arrête pas au bord de la piste. À chaque manche, une unité hospitalité dédiée permet aux médias et aux fans de découvrir la Uncharted de plus près, avec tours de piste et essais organisés autour de l’événement. À Magny-Cours, la flotte Safety Car ne se limitait d’ailleurs pas à la Uncharted : la SOlterra modèle 100 % électrique de la marque portait elle aussi la livrée « Safety Car », et circulait aux côtés de son aînée sur la piste. L’Outback complétait pour sa part la démonstration roulante proposée aux visiteurs du stand. Une manière pour la marque, qui a également annoncé vouloir utiliser le WorldSBK comme plateforme de lancement pour ses futurs modèles électriques, de s’adresser à un public passionné bien au-delà de ses acheteurs habituels.

En juin dernier, WorldSBK et Subaru ont d’ailleurs mis en avant cette dimension du partenariat sous l’angle de la durabilité, présentant l’arrivée de cette Safety Car électrique comme une étape marquante dans le rapprochement entre les deux marques autour de l’innovation et de la mobilité de demain.

Dans les coulisses : chronométrage et régie TV

Deux faits permettent de cadrer ce qui se joue derrière chaque image de course. Tissot est le chronométreur officiel du WorldSBK, une fonction qu’il occupe pour le championnat au côté de son rôle historique en MotoGP. Et c’est une seule et même chaîne de données, captée en piste, qui alimente à la fois le mur des stands, les écrans du paddock, l’application Live Timing WorldSBK et la retransmission télévisée.

Concrètement, ce chronométrage s’appuie sur des émetteurs fixés à l’arrière de chaque moto, couplés à des capteurs disposés tout au long de la piste, pour une précision affichée au 10 000e de seconde. Une précision qui n’a rien d’un argument marketing : elle a par le passé permis de départager formellement deux pilotes séparés de seulement 2/10 000e de seconde à l’arrivée, soit environ 17 mm d’écart à 300 km/h, lors du Championnat du Monde Superbike 2006, au Qatar, pour départager Noriyuki Haga et James Toseland.

Vu depuis le paddock, ce travail se déroule sur deux fronts. Dans la salle de contrôle, des techniciens suivent en simultané les caméras embarquées de plusieurs pilotes, le tracé GPS en temps réel et les temps au tour, plan de piste à l’appui.

À quelques mètres de là, dans le car de régie mobile, un mur de retours vidéo rassemble simultanément les caméras embarquées de chaque pilote (ONB), les caméras fixes de piste, la prise de vues aérienne par drone et les graphismes de classement, que les réalisateurs basculent en direct à l’antenne au gré de l’action en piste.

Sur l’un des écrans de la régie, une cartographie GPS positionne en direct chaque moto sur le tracé de Magny-Cours, numéro par numéro, complétée par le classement live qui défile en parallèle : la matérialisation, à l’écran, de cette chaîne de données qui part de la piste pour arriver jusque dans le salon des téléspectateurs.

Cartographie GPS en direct : chaque moto est positionnée en temps réel sur le tracé de Magny-Cours.

Conclusion

Au-delà de la mécanique et de la technique, ce week-end à Magny-Cours restera aussi pour nous une expérience très concrète : celle de monter aux côtés d’un pilote pour un tour de piste le samedi avant de changer de place et de prendre le volant sous le contrôle du pilote, puis de reprendre le volant pour une nouvelle session le dimanche. Une manière très directe de mesurer, une fois sur l’asphalte, tout ce qui sépare la conduite de tous les jours de la précision exigée par la compétition, qu’elle se joue au volant d’une Safety Car électrique ou au guidon d’une Superbike lancée à pleine vitesse.