Ce mercredi 30 septembre à 23 h 59, la marketplace Rakuten France tire le rideau. Derrière le logo japonais, c’est surtout PriceMinister qui s’en va : le site où toute une génération a revendu ses CD, ses bouquins de fac et sa console d’avant. Retour sur une fin annoncée, et mode d’emploi pour ne rien oublier au vestiaire.

Le vide-grenier du web français

Août 2000. La bulle internet est en train d’éclater, et une petite start-up parisienne parie sur une idée toute simple : permettre à n’importe qui de revendre ses objets d’occasion en ligne, avec le site comme tiers de confiance entre acheteur et vendeur. PriceMinister était né. Dix ans plus tard, le site revendique quelque 12 millions de membres inscrits. Pour beaucoup d’entre nous, c’était le réflexe : un DVD vu une fois, un jeu terminé, un livre lu, hop, en ligne.

De PriceMinister à Rakuten, la lente glissade

En 2010, le géant japonais Rakuten rachète la pépite pour environ 200 millions d’euros. Le nom PriceMinister s’efface peu à peu, jusqu’à disparaître totalement en 2018. Et avec lui, une partie de l’identité du site.

Coincée entre Amazon d’un côté, les spécialistes de l’occasion de l’autre, puis la déferlante des plateformes asiatiques, la marketplace généraliste perd pied. Les chiffres qui circulent parlent d’eux-mêmes : un chiffre d’affaires autour de 50 millions d’euros, des pertes estimées entre 10 et 15 millions par an, un trafic et une clientèle en net recul sur dix ans.

En avril 2026, Rakuten met l’activité en vente. Plusieurs candidats se présentent, le fondateur Pierre Kosciusko-Morizet aurait même envisagé un retour, mais aucune offre n’est retenue. Pixmania, repreneur éconduit, conteste d’ailleurs le processus. En juillet, le couperet tombe : fermeture. Environ 180 salariés sont concernés, et la marketplace espagnole, qui partage la même structure, ferme aussi.

Rakuten ne quitte pas la France pour autant : Kobo, Rakuten TV et Viber continuent leur route.

Le mode d’emploi avant extinction des feux

La fermeture des ventes ne signifie pas que tout disparaît d’un coup. Voici les dates à retenir. Pour le détail complet, Rakuten a publié les modalités de fermeture (PDF).

30 septembre, 23 h 59. Plus aucun achat ni vente possible. Les Rakuten Points non utilisés avant cette heure sont perdus (le Club R ne distribuait déjà plus de points depuis le 13 août).

10 novembre, 23 h 59. Dernier délai pour accéder à votre compte. Téléchargez vos factures et attestations d’achat, elles vous serviront pour faire jouer une garantie. Notez aussi les coordonnées des vendeurs professionnels. Vous vendiez sur le site ? Demandez le reversement de votre cagnotte, gérée par le prestataire de paiement Mangopay, le plus tôt possible : les vérifications prennent du temps.

30 novembre. Fin du service client. D’ici là, il traite encore les commandes en cours, les colis jamais arrivés, les retours et les litiges.

Après. Pour une garantie, il faudra s’adresser directement au vendeur.

Fin de partie

Vingt-six ans après, la boucle est bouclée : le site né de la première bulle internet s’éteint face aux géants de la suivante. Reste une question existentielle : où revendre ce coffret DVD de Friends qui prend la poussière ? On en reparle très vite.