Neuf ans. C’est le temps qu’il aura fallu entre la présentation du Tesla Semi, en 2017, et le lancement officiel de sa production en grande série, le 24 septembre 2026, dans une usine flambant neuve du Nevada. Le camion électrique le plus attendu (et le plus moqué) de la planète est enfin prêt à prendre la route.

Un poids lourd au look de concept car

Ce qui frappait en 2017 frappe toujours : le Semi ne ressemble à aucun autre tracteur routier. Nez plongeant, cabine lisse comme un galet, et surtout un poste de conduite central, façon McLaren F1, flanqué de grands écrans. Elon Musk, qui n’a jamais eu peur des formules, le décrit comme une sorte de voiture de sport en version camion. Il est vrai qu’avec trois moteurs électriques totalisant 800 kW, soit plus de 1 000 chevaux, on imagine sans peine que les relances n’ont rien à voir avec celles d’un diesel.

Le constructeur soigne aussi les détails : le Semi serait le premier poids lourd de sa catégorie à recevoir une peinture poudre. À l’intérieur, vitrage acoustique, vraie vitre qui descend, et une cabine où l’on tient debout. Petit plus apprécié des chauffeurs, une partie de l’inspection obligatoire avant départ est automatisée, avec journal électronique à la clé.

Une usine rien que pour lui

Pour le produire, Tesla a construit à Sparks, près de Reno, une usine exclusivement dédiée au Semi, conçue pour sortir jusqu’à 50 000 camions par an. La marque y fabrique presque tout elle-même, des batteries aux essieux moteurs en passant par les sièges. Sous la carrosserie, le camion a été largement repensé : cellules de batterie 4680 maison, moteur partagé en partie avec le Cybertruck, direction électrique et gestion thermique héritée du Cybercab, le futur robotaxi de la marque.

Des chiffres qui parlent aux transporteurs

La version Long Range annonce jusqu’à 805 km d’autonomie en charge complète, et une borne Megacharger rend 60 % de l’autonomie en une demi-heure, le temps d’une pause. Côté portefeuille, Tesla n’a pas officialisé ses tarifs, mais les devis rapportés par la presse américaine tournent autour de 260 000 à 290 000 dollars selon la version. Les premiers clients s’appellent PepsiCo, DHL ou US Foods, et une alliance de transporteurs vient de réserver 2 500 exemplaires.

Rendez-vous en Europe en 2027

Bonne nouvelle pour le Vieux Continent : une version européenne, adaptée à la limite de 40 tonnes, est annoncée pour des livraisons en 2027, avec environ 550 km d’autonomie estimée à pleine charge. Elle y croisera des adversaires sérieux, Mercedes-Benz, Volvo, MAN ou Scania ayant pris de l’avance sur l’électrique.

Reste une question : Tesla saura-t-il produire en masse ce camion qui a tant fait attendre ? Les analystes misent sur 5 000 à 15 000 unités par an dans un premier temps, loin des 50 000 promis. Mais pour la première fois depuis 2017, le Semi n’est plus une promesse. C’est un produit. Et les promesses de Musk….