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2 CV Concept : ce que les designers de Citroën ont gardé, et ce qu’ils ont jeté

Comment dessine-t-on la suite d’une voiture que tout le monde croit connaître par cœur ? Citroën ouvre les carnets de son studio pour y répondre. Le 28 octobre, la marque a publié les croquis de la 2 CV Concept, issus de près d’un an de recherches. Cinq designers y racontent ce qu’ils ont gardé de la deuche. Ils expliquent aussi ce qu’ils ont laissé sur la table à dessin.

Un projet qu’il ne fallait pas rater

La 2 CV Concept a été dévoilée le 11 octobre, à la veille du Mondial de l’Auto de Paris. Deux semaines plus tard, Citroën en raconte les coulisses depuis Poissy. Le communiqué donne la parole à Pierre Leclercq, directeur du design. Antoine Gaillot-Drevon, responsable du design avancé, intervient lui aussi. Suivent Pierre Icard pour l’extérieur, Andreas Stump pour l’intérieur et Madeleine Ternisien pour les couleurs et matières.

Le patron du design ne cache pas la pression. « S’attaquer au design d’une nouvelle 2 CV est le rêve de tout designer, mais aussi un immense défi », explique Pierre Leclercq. Pour Citroën, la 2 CV est la voiture préférée des Français et le modèle le plus collectionné au monde. Sa conclusion est donc sans détour : « nous ne devions pas nous rater ».

Ce qui n’a pas survécu aux croquis

Le cahier des charges du studio était contradictoire. Le concept devait réinterpréter une architecture d’avant-guerre, avec ses ailes rapportées, tout en respectant la réglementation actuelle. Le premier sacrifice concerne les carénages de roues arrière, pourtant typiques de la silhouette d’origine. Antoine Gaillot-Drevon justifie ce choix par deux raisons. Les garder aurait trop tiré la voiture vers le rétro. Ils posaient aussi des problèmes pratiques aux clients.

La face avant a ensuite occupé l’équipe longtemps. « La face avant du concept devait être désirable, sans faire penser à un jouet », résume Gaillot-Drevon. Le piège existe bel et bien sur une petite voiture aux yeux ronds. Le designer s’en est expliqué auprès du magazine britannique Autocar. Selon lui, le placement des phares est resté un casse-tête jusqu’à l’arrivée de Gilles Vidal à la tête du design européen de Stellantis. Son conseil : agrandir les projecteurs et les rapprocher du centre. La voiture aurait alors gagné en caractère.

Ce que les designers ont gardé

Le reste du dessin reprend des codes historiques, mais retravaillés. Les projecteurs ronds sont détachés de la carrosserie. Le capot strié s’inspire des premières générations de 2 CV et du prototype TPV, la « Toute Petite Voiture » imaginée dès 1937. La ligne de toit descend en courbe jusqu’au pare-chocs arrière. Les ailes sont plus généreuses, les flancs plus tendus. Enfin, les jantes en tôle de 18 pouces réinterprètent celles de l’originale.

Pierre Icard, designer extérieur, résume la méthode du néo-rétro. Il s’agit d’exprimer les lignes d’une voiture existante avec simplicité, mais en retravaillant chaque détail. Il cite en exemple le toit en toile qui s’enroule à la main, pensé « pour que le public retrouve ses yeux d’enfant ».

À notre sens, l’abandon des carénages arrière est la décision la plus parlante de tout le dossier. C’est le détail que les puristes chercheront en premier. C’est aussi celui qui montre le mieux le refus de livrer une simple copie.

À bord, du tartan et du cannage

L’habitacle suit la même logique. Les banquettes, le volant monobranche, la radio amovible baptisée Radioën et le panier de rangement renvoient tous à l’histoire du modèle. Andreas Stump, designer intérieur, dit avoir été guidé par la fonctionnalité et le minimalisme de la 2 CV originelle. Il a toutefois voulu y ajouter le confort des Citroën actuelles.

Madeleine Ternisien, chargée des couleurs et matières, revendique un effet « Madeleine de Proust ». Les banquettes reprennent ainsi le motif tartan, décliné en jaune. Des touches beiges rappellent la Bakélite des commandes d’époque. Quant au tressage des matériaux, il fait écho au cannage, « un savoir-faire français et populaire », selon la designeuse.

Et la version de série ?

Sur ce point, le communiqué du 28 octobre reste muet. Il ne mentionne ni production, ni calendrier, ni prix. Il faut revenir à la présentation du 11 octobre pour trouver des engagements. Citroën y annonce un modèle de série présenté d’ici deux ans, qui rejoindra la gamme à l’horizon 2028. La marque vise un prix de départ proche de 15 000 euros, une fabrication en Europe et une masse d’environ une tonne. Le concept mesure 3,76 m, soit moins que la 2 CV d’origine.

D’autres indices circulent. Selon L’argus, Citroën a montré une seconde 2 CV Concept, peinte en vert, à ses agents. La présentation a eu lieu lors de la convention nationale du GNAC, au Beffroi de Montrouge. Cette version portait notamment des poignées couleur carrosserie et des jantes blanches. Nous n’avons toutefois trouvé aucun communiqué officiel de Citroën sur cette variante. Toujours d’après L’argus, le concept sera exposé au salon Epoqu’auto, du 6 au 8 novembre.

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