Il faudra chercher longtemps un pot d’échappement parmi les finalistes de la Voiture de l’année 2027. Le jury européen a retenu sept modèles, et tous roulent uniquement à l’électricité. Entre deux SUV premium, une citadine à moins de 20 000 euros joue pourtant les trouble-fête : la Renault Twingo E-Tech electric.
Une finale sans moteur thermique
La liste est tombée le 30 octobre. Par ordre alphabétique, on y trouve le BMW iX3, la Cupra Raval, la Hyundai Ioniq 3, la Kia EV2, la Renault Twingo, la Volkswagen ID.Polo et le Volvo EX60. Les sept sont des électriques à batterie.
Selon l’organisation The Car of the Year, c’est une première en 63 ans d’histoire du prix. Le site officiel relie d’ailleurs ce basculement à la crise des carburants née de la guerre en Iran. L’an dernier, la finale mêlait encore les énergies, avec le Dacia Bigster comme seul modèle sans version électrique. La lauréate 2026, la Mercedes CLA, existe elle aussi avec un moteur thermique.
Aucune chinoise, et un trio de petites européennes
Le jury avait de quoi faire. D’après Il Sole 24 Ore, douze modèles chinois figuraient parmi les candidates, un record. Aucun n’a passé la sélection. La finale oppose donc cinq marques européennes à deux coréennes, même si Volvo appartient au groupe chinois Geely depuis 2010.
Trois petites électriques européennes se disputent le même terrain : la Twingo, l’ID.Polo et la Cupra Raval. Les deux dernières sont cousines, car elles partagent la plateforme MEB+ du groupe Volkswagen. Les coréennes Hyundai Ioniq 3 et Kia EV2 visent ensuite le cœur du segment B. Hyundai assemble d’ailleurs son Ioniq 3 en Turquie, dans son usine d’İzmit. En haut de la grille tarifaire, le BMW iX3 et le Volvo EX60 jouent la carte du SUV premium.
La Twingo, l’argument du prix
Face à ces rivales, la Twingo défend une idée simple : un prix sous les 20 000 euros hors aides. Renault annonce près de 26 000 ventes depuis le lancement. Elle a même pris la tête de son segment en Europe au troisième trimestre, avec 25 % de parts de marché selon le constructeur.
La fiche technique reste modeste, et c’est voulu. Cette citadine de 3,79 m reçoit un moteur de 82 ch et une batterie LFP de 27,5 kWh utiles. Elle annonce ainsi jusqu’à 263 km d’autonomie en cycle WLTP. Renault l’assemble en Europe, dans son usine slovène de Novo Mesto.
Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault, ne cache pas sa satisfaction : « Avec Twingo, nous avons relevé un défi que beaucoup jugeaient impossible ».
Renault vise un troisième sacre en quatre ans
La marque au losange connaît bien l’exercice. C’est sa sixième finale consécutive, après la Mégane E-Tech (2022), l’Austral (2023), le Scénic (2024), la Renault 5 (2025) et la Renault 4 (2026). Deux de ces finales se sont soldées par une victoire : le Scénic en 2024, puis la Renault 5, sacrée avec l’Alpine A290 en 2025.
Un succès de la Twingo aurait aussi une conséquence comptable. Le palmarès officiel attribue huit trophées à Renault depuis la Renault 16 en 1966. Un neuvième lui permettrait d’égaler Fiat, recordman avec neuf titres.
Le calendrier jusqu’à Bruxelles
Les jurés essaieront les sept voitures les 25 et 26 novembre sur la piste de Balocco, dans le Piémont. Ils voteront ensuite jusqu’au 31 décembre. Chacun répartit 25 points entre les finalistes, mais aucun modèle ne peut recevoir plus de 10 points d’un même juré.
Le nom du lauréat sera annoncé le 8 janvier 2027 au salon de Bruxelles, qui accueille la cérémonie pour la quatrième année de suite. Selon Renault, le jury compte 65 journalistes de 25 pays et a étudié 43 candidates. Il Sole 24 Ore cite pour sa part 64 jurés et 38 modèles examinés.

Notre avis
La Twingo a un vrai argument, car elle est la seule finaliste à rendre l’électrique accessible sous la barre symbolique des 20 000 euros. Le danger viendra sans doute du duo Volkswagen. Si l’ID.Polo et la Raval se partagent les voix des jurés, une troisième voiture pourrait en profiter. Reste à savoir laquelle.


