Deux Mercedes-Benz CLA, un carrefour reconstitué et un choc à 56 km/h pour chacune des voitures. À Stuttgart, le constructeur allemand a organisé un crash-test particulièrement spectaculaire pour démontrer la résistance de sa nouvelle CLA électrique. Et surtout, celle de sa batterie. Résultat annoncé : des habitacles préservés, huit mannequins correctement protégés et une batterie haute tension intacte. De quoi rassurer les automobilistes encore méfiants envers les voitures électriques ?
Deux Mercedes CLA lancées à 56 km/h : ça fait des dégâts !
Mercedes-Benz n’a pas fait les choses à moitié. Pour cette démonstration organisée à Stuttgart, le constructeur a choisi de reproduire un accident de carrefour particulièrement violent. D’un côté, une Mercedes-Benz CLA Shooting Brake à motorisation hybride. De l’autre, une CLA 100 % électrique. Les deux voitures, pesant chacune plus de deux tonnes, roulent à 56 km/h.
Le scénario est simple : la CLA Shooting Brake vient percuter directement le flanc conducteur de la CLA électrique, sans aucun freinage préalable. Un choc latéral particulièrement exigeant puisque, contrairement à une collision frontale, la carrosserie dispose de très peu d’espace pour absorber l’énergie de l’impact.
Mercedes-Benz présente cette expérience comme le premier crash-test latéral public à grande vitesse entre deux voitures de série en mouvement. Une démonstration qui va au-delà des essais réglementaires habituels, lesquels utilisent généralement des barrières ou des dispositifs d’impact normalisés.
La batterie électrique résiste au choc
C’est évidemment le point qui retient le plus l’attention. Sur une voiture électrique, la batterie haute tension est généralement installée sous le plancher, une position favorable à l’abaissement du centre de gravité, mais qui impose des exigences particulières en matière de protection contre les collisions.
Lors d’un choc latéral important, les déformations de la structure peuvent menacer le pack batterie. Un endommagement de ses cellules peut, dans certaines circonstances, provoquer un emballement thermique. Autrement dit, une réaction susceptible d’entraîner un dégagement de chaleur important, voire un incendie.
Dans le cas de cette collision, Mercedes-Benz affirme que la batterie de la CLA électrique est restée intacte et n’a subi aucun dommage. Un résultat encourageant compte tenu de la violence de l’impact.
Il ne signifie évidemment pas qu’une batterie serait indestructible ou qu’un incendie serait impossible dans toutes les situations. Mais il montre que les protections structurelles peuvent jouer efficacement leur rôle, même lors d’un accident particulièrement sévère.
Huit mannequins à bord et des résultats rassurants
Mercedes-Benz ne s’est pas contenté de vérifier l’état de la batterie. Les deux véhicules transportaient au total huit mannequins instrumentés, représentant quatre adultes et quatre enfants.
Chaque mannequin pouvait intégrer jusqu’à 150 points de mesure destinés à analyser les contraintes subies pendant la collision.
Selon les données communiquées par le constructeur, toutes les valeurs enregistrées sont restées sous les seuils biomécaniques de référence. Les habitacles des deux CLA ont également conservé leur intégrité structurelle.
Mercedes-Benz en déduit un risque limité de blessures graves ou mortelles dans les conditions précises de cet essai. Il faut toutefois rappeler que ces résultats proviennent des mesures et de l’analyse du constructeur lui-même.
Un crash-test spectaculaire, mais pas totalement désintéressé
Il faut reconnaître que l’exercice est impressionnant. D’autant qu’aucune réglementation n’impose de faire entrer en collision deux voitures de série roulant simultanément à cette vitesse.
Mercedes-Benz explique avoir choisi ce scénario à partir de ses recherches sur les accidents réels. Selon le constructeur, les vitesses retenues correspondent à la partie haute de celles observées lors de collisions importantes à des intersections.
Mais il ne faut pas oublier un détail : Mercedes-Benz a lui-même défini les conditions du test, choisi les véhicules et communiqué les résultats.
Cette démonstration constitue donc un élément intéressant pour apprécier les capacités de protection de la CLA, mais elle ne remplace pas les évaluations indépendantes réalisées selon des protocoles reproductibles, notamment celles d’Euro NCAP.
Autre limite : un crash-test, aussi spectaculaire soit-il, ne peut pas reproduire toutes les configurations possibles. L’angle d’impact, la vitesse, la masse des véhicules, la zone touchée ou encore les déformations provoquées peuvent modifier considérablement les conséquences d’un accident.
Mercedes veut aussi faciliter le travail des secours
Au-delà de cette collision, Mercedes-Benz a également présenté Rescue Intelligence, un dispositif destiné à transmettre des informations utiles aux services de secours après un accident.
Son déploiement progressif est annoncé à partir de 2027. Selon les capacités techniques disponibles, les pompiers pourraient notamment connaître le nombre d’occupants, l’état des airbags et des ceintures, les portes ouvertes ou encore la température de la batterie et l’état du système haute tension.
L’objectif est de permettre aux équipes d’intervention de mieux préparer leur arrivée sur les lieux, notamment lorsqu’un véhicule électrique est impliqué.
Une démonstration qui tombe à point nommé
Avec ce crash-test, Mercedes-Benz cherche évidemment à mettre en avant les qualités de sa nouvelle génération de CLA. Mais le message dépasse largement ce seul modèle.
Alors que certains automobilistes s’interrogent encore sur les risques liés aux batteries électriques en cas d’accident, le constructeur apporte une réponse concrète : une collision latérale violente n’entraîne pas nécessairement l’endommagement du pack batterie.
Reste à conserver la bonne perspective. Cette expérience est convaincante dans les conditions retenues, mais elle ne constitue pas une garantie absolue pour tous les accidents.
Et si Mercedes-Benz a incontestablement réussi son opération de communication, le résultat le plus intéressant n’est finalement pas l’état des carrosseries après le choc. C’est bien celui de la batterie électrique, restée intacte malgré la violence de la collision.
Images : Mercedes-Benz Group,









